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Témoignage

Serge,
conjoint, 59 ans

« Elle prétendait que ça allait lui passer, qu’elle avait juste besoin de vacances, mais moi j’ai bien vu qu’il y avait un truc qui clochait : elle n’arrivait plus à se lever, elle n’avait plus envie de rien, elle pleurait tout le temps… »

Annick,
amie d’enfance, 43 ans

« Je lui proposais régulièrement de venir se balader avec moi, sans trop insister, je ne voulais pas lui forcer la main. Au début, il disait "non" tout le temps et puis un jour, il est venu. À la fin de la promenade, il m’a dit que ça lui avait fait du bien. »

Monique,
mère, 66 ans

« Au début, j’en faisais trop, je lui donnais plein de conseils, je parlais tout le temps… Et puis un jour elle m’a dit en souriant que j’avais le droit quelquefois de me taire, que c’était ma présence, plus que mes paroles, qui la réconfortait vraiment. »

Glossaire

Soutenir son proche

• Pour être efficace, ce soutien suppose le respect d’une « bonne distance » avec la personne dépressive, une présence bienveillante mais pas « étouffante », de l’affection, de l’écoute et de la patience. Il ne sert à rien d’accabler votre proche de « bons conseils » (« Si j’étais toi, je ferais… ») ou d’injonctions (« Ne te laisse pas aller ! », « Bouge-toi un peu au lieu de traîner au lit tous les matins ! »…). Ils ne feront en effet qu’aviver ses sentiments de culpabilité et d’impuissance. Souvenez-vous que la dépression est une maladie : demanderiez-vous à une personne atteinte de la grippe d’arrêter d’avoir de la fièvre ? En revanche, vous pouvez rassurer votre proche en lui disant (en lui répétant au besoin) que vous comprenez ses difficultés, qu’il n’est pas fou, que la dépression est une maladie qui touche beaucoup de monde et que l’on peut s’en sortir avec de l’aide et du temps.

• Pour encourager votre proche à vous parler, il est préférable que vous gardiez une attitude « ouverte », et que vous l’écoutiez avec attention et patience (même s’il a tendance à « ressasser » ou à rester sourd aux apaisements que vous venez de lui prodiguer). Il est également important que vous vous montriez sensible aux efforts faits par votre proche et que vous les souligniez (par la parole, un geste ou un sourire) afin de le valoriser.

• Même si elle n’en donne pas l’impression, une personne qui souffre de dépression est très sensible aux offres d’aide (courses, ménage, cuisine, bricolage…) et aux « petites attentions ». Attention cependant à ne pas être trop « maternel » ou « envahissant ». Si votre proche se sent infantilisé, vous risquez de renforcer son sentiment de dévalorisation (« Je ne suis plus bon à rien »).

• Vous pouvez aider et motiver votre proche en l’invitant à faire avec vous des promenades, des sorties. L’encourager sans le harceler à poursuivre certaines activités qui lui procuraient du plaisir (« hobbies », sports ou activités culturelles) est également une forme de soutien utile. Rappelez-vous cependant qu’il peut être contre-productif de brusquer votre proche ou de lui imposer trop d’exercices ou de visites. Une personne dépressive se fatigue très vite car elle lutte en permanence contre sa fatigue et ses idées noires.

• Un changement radical de vie, de travail, de résidence ou des vacances lointaines ne peuvent pas résoudre à eux seuls les problèmes de dépression, ils peuvent même parfois les aggraver. On ne se sépare pas de son vécu en changeant de cadre de vie ; partir en vacances lorsqu’on souffre de dépression ne fait que retarder le début de l’indispensable traitement et risque même d’aggraver la dépression par la perte des repères habituels.

• Si des enfants ou des adolescents habitent avec votre proche, expliquez-leur que ce dernier n’est pas responsable de son état, qu’il s’agit d’une maladie, qu’il a besoin de soins et de leur soutien.

• Quand votre proche va mieux, laissez-le reprendre le fil de sa vie à son rythme. Un certain temps (habituellement, plusieurs mois) peut être nécessaire avant qu’il se sente à nouveau à l’aise dans son entourage familial, amical ou professionnel.

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