En raison de la complexité des mécanismes d’action des antidépresseurs, il faut souvent attendre quelques semaines (généralement 3 ou 4, parfois un peu plus) avant d’en ressentir les effets bénéfiques. Le traitement d’un épisode dépressif comporte deux phases :
• la phase aiguë, dont l’objectif est la disparition des symptômes, dure de 6 à 12 semaines ;
• la phase de consolidation, dont l’objectif est de stabiliser l’amélioration des symptômes, dure entre 4 et 6 mois (en fonction des symptômes et du nombre d’épisodes précédents). L’arrêt du traitement pendant cette période critique fait courir un risque très élevé de réapparition des symptômes. C’est pour cela qu’il est indispensable de poursuivre le traitement, même après la disparition des symptômes, conformément à l’avis du médecin.
Les médicaments antidépresseurs ne créent pas de dépendance physique. Toutefois, il peut être difficile d’envisager d’arrêter le traitement. Dans tous les cas, l’arrêt doit être progressif et « préparé » avec le médecin. Il se déroule habituellement sur quelques semaines. Si, pendant cette période d’arrêt progressif, les symptômes réapparaissent, il est nécessaire de consulter immédiatement son médecin qui proposera habituellement de reprendre le traitement à la dose efficace.
Quelques symptômes peuvent apparaître en cas d’arrêt brutal d’un traitement antidépresseur : anxiété, irritabilité, syndrome pseudo-grippal (frissons, fièvre, fatigue, mal aux muscles…), cauchemars, insomnie, nausées, sensations de vertiges… Ces symptômes ne doivent pas être confondus avec ceux de la dépression. Ils apparaissent généralement dans les 4 jours suivant l’arrêt et durent rarement au-delà d’une semaine.
Un suivi régulier par un médecin est nécessaire lorsque l’on prend un traitement antidépresseur. Le suivi est particulièrement utile :
• quelques jours après la mise en route du traitement et au cours des deux premières semaines pour faire un point sur la tolérance du médicament et l’évolution des problèmes ;
• vers 4 semaines après la mise en route du traitement pour faire un point sur son efficacité ;
• régulièrement durant les 6 - 8 mois qui suivent la mise en route du traitement (période pendant laquelle le risque de réapparition des symptômes est maximal). De façon générale, tout traitement antidépresseur doit être accompagné d’informations sur la dépression et le traitement et d’un soutien relationnel. La qualité de la relation établie entre le médecin et la personne est déterminante.
Pour soulager rapidement l’angoisse, le médecin peut prescrire en début de traitement un médicament anxiolytique (« tranquillisant »). Mais cette prescription doit être temporaire. Les anxiolytiques ne soignent pas la dépression et ne doivent pas être pris pendant plus de quelques semaines. Au-delà , leur action est diminuée et le risque de dépendance physique est réel (ce qui n’est pas le cas, on l’a vu, avec les antidépresseurs). Parfois, en fonction du type de dépression, d’autres médicaments pourront être prescrits, notamment des stabilisateurs de l’humeur.
Comme tout médicament, les médicaments antidépresseurs peuvent avoir des effets indésirables.. Selon les types de médicaments, ces effets indésirables peuvent par exemple être : la somnolence (ou au contraire l’excitation), la constipation, la prise ou la perte de poids, la sécheresse de la bouche, les baisses de tension, les difficultés sexuelles… Chez les personnes âgées, il existe des risques importants de baisse de pression artérielle en position debout qui peut être gênante, particulièrement si elles éprouvent des troubles de l’équilibre. Une surveillance médicale particulière est nécessaire chez ces patients.
Il est indispensable de parler de ces possibles effets indésirables avec le médecin au moment de la prescription de l’antidépresseur et de lire attentivement la notice du médicament.
Les effets indésirables évoqués par le médecin ou la notice du médicament ne surviennent pas chez tous les patients et ne sont pas tous obligatoirement présents chez une même personne. Certains de ces effets indésirables sont liés au mécanisme d’action de l’antidépresseur. Un grand nombre de ces effets vont disparaître avec la poursuite du traitement, il existe par ailleurs très souvent des solutions pour corriger ces effets.
Lorsque qu’ils sont très désagréables, il faut aborder avec son médecin l’éventualité d’un changement d’antidépresseur.